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ECHO-Taxe 74 : la Montagne n'est pas la Bretagne !

Alors que nos représentants nationaux s'étripent sur le waterloo de la T.N.P.L. (Taxe nationale sur les poids lourds), il nous parait nécessaire de remettre les pendules à l'heure de cet hiver sur le sujet, tant au plan national que départemental.

L'ARSMB a toujours soutenu cette initiative européenne appelée « Euro-vignette » destinée à améliorer l'efficacité environnementale du transport routier des marchandises sur la base du principe du « pollueur/payeur ». L'idée première était de viser le trafic lourd transeuropéen pour lequel le mode ferroviaire amenait une réponse pertinente, à condition qu'on lui en donne les moyens.

De ce fait, les transports locaux n'étaient pas concernés puisque il s'agissait uniquement d'intervenir sur les camions T.I.R. en transit sur le territoire national et empruntant les grands axes gratuits parallèles aux autoroutes. Le produit de ce rééquilibrage financier de l'usage de nos routes nationales associé aux recettes des peages autoroutiers devait être affecté au financement des nouvelles infrastructures ferroviaires et fluviales.

 Or en 2006, deux ans avant la transcription de cette directive européenne en droit français, un certain VILLEPIN, 1er ministre, a privatisé les autoroutes privant du même coup l'organisme de financement du transfert modal A.F.I.F.T. (Agence de financement des infrastructures françaises de transport) de l'essentiel de ses ressources.

Dès lors, pour pallier à ce manque à gagner, cette redevance poids-lourds a été étendue sur la base du volontariat à tout le réseau national gratuit ainsi qu'aux véhicules de + 3,5 t. (loi Grenelle 1 du 21/10/2008 = 526 pour, 21 abst. et 4 contre). C'est alors que les ennuis ont commencé du fait de la complexité du système de collecte à mettre en place, en particulier pour les petits transporteurs et les artisans. Véritable usine à gaz validée par le gouvernement Fillon ( décret du 6 mai 2012 entre les deux tours des élections présidentielles), la patate chaude est refilée au suivant. Après moult péripéties et un nouveau vote validé par le Conseil constitutionnel le 24 juin 2013, la mise en œuvre de la loi préalablement prévue pour 2011 (sic !) est reportée à juillet 2013, puis octobre, puis au 1er janvier 2014.

On connaît la suite: le rouge est mis pour raison de crise, c'est Kafka sur la route et la foire d'empoigne en Bretagne. Au point qu'un potentat local ( le re-devenu député B. ACCOYER) se permette d'alpaguer le Premier ministre actuel en ces termes : « L'honneur de la politique c'est d'agir sans avoir à reculer ! » alors que cet ex 3ème personnage de l'Etat, du temps où il était aux manettes, rompait le combat chez lui avant de l'avoir mené : Monsieur "74", avec ses condisciples, n'a-t-il pas voté la loi, puis donné son accord pour exempter la Haute-savoie de cette redevance écologique? Alors que nos cousins du 73, eux, ont eu le courage d'aller jusqu'au bout de leurs convictions, et qu'à ce jour les portiques de péage sur l'itinéraire du Fréjus, la V.R.U de Chambéry et la RN 90, sont toujours en place.

Pourquoi ? Parce qu'à l'échelle locale les élus de Savoie ont identifié leur territoire au regard de sa localisation géographique, de ses spécificités climatiques, dans un espace montagnard perclus de flux routiers sans céder aux sirènes des transporteurs ni bénéficier d'un "Plan de Protection de l'Atmosphère" comme la vallée de l'Arve...

A l'ARSMB nous regrettons et c'est peut dire, qu'au Pays du Mont-Blanc nos députés et conseillers généraux n'aient pas eu le courage de faire de notre département un territoire expérimental exemplaire pour cette redevance environnementale. Paradoxale et stérile posture qui ne nous montre toujours pas le sens de la marche du 74, mais peut être pour qui ils roulent.

Quant aux Entreprises de Transport international routier locales et nationales qui sont vent debout contre cette loi Républicaine, encore faudrait-il qu'elles jouent cartes sur table après avoir obtenu des gouvernements successifs les compensations qu'elles souhaitaient : l'autorisation de passer de 40t à 44t soit un gain de 17% de la charge utile des camions (Merci pour nos routes ! ); le report du coût de la TNPL sur le client c'est-à-dire nous les consommateurs ; le gel de son taux jusqu'en 2015; la dispense de TNPL pour les véhicules de moins de 4 ans d'âge ; des aides à l'achat de véhicules neufs et le rétro-fit ; etc... N'en jetez plus la cour est pleine !

Oui, la Montagne avec ses reliefs et ses tunnels n'est pas la Bretagne. Oui, les régions périphériques ne sont pas des régions de transit. Il est donc compréhensible que les bretons bénéficient de certaines compensations. Mais la solidarité nationale exige qu'ils participent à l'effort environnemental collectif car leurs production bovine, porcine et laitière passe aussi par les Alpes, les tunnels routiers du Mont-blanc et du Fréjus. Nous sommes tous sur le même bateau France et la même planète Terre. L'art de gouverner ne doit pas être celui de la simulation ni de la dissimulation. Si l'homme est devenu la principale menace pour son environnement et finalement pour lui même, il se doit de réagir intelligemment."

Là où croît le péril...croît aussi ce qui sauve", (Hölderlin/Reeves). Attelons nous y ensemble au lieu du chacun pour soi !

J.M. ARSMB

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