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L'ARSMB et le LYON-TURIN-FERROVIAIRE

dénommé aujourd'hui « TELT ».

 

Le point en ce début d'année 2016 :

 

- Le 9 novembre 2015, le Conseil d'Etat a rejeté le recours déposé par les opposants français au projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin, déclarant d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la réalisation de l'itinéraire d'accès au tunnel de base franco-italien.

Par cette décision qui rappelle étrangement la « saga » des travaux relatifs à la réouverture du tunnel du Mont-Blanc suite à la catastrophe de 1999(*), le projet  Lyon-Turin se trouve à nouveau conforté dans sa réalisation d'ici à...2030/ 2040! 

Quant à la partie maîtresse de ce projet, le tunnel de base de 57 km appelé maintenant TELT (Tunnel européen Lyon-Turin), il faudra attendre l'été 2016 pour entrevoir le début du début de son creusement du côté français. A raison d'une cadence de 20m/jour pour une longueur de plus de 100 km (2 tubes)...faites le calcul !

L'analyse de l'ARSMB :

 

Préalable :

- Depuis 1991, nous avons toujours été pour le transfert modal des marchandises et des camions sur les trains, à l'exemple de nos voisins suisses.

Pour preuve la solution ferroviaire du tunnel Le Fayet-Morgex de l'ingénieur Dupin que l'ARSMB a défendu auprès des autorités lors du premier conflit relatif au doublement du tunnel du Mont-Blanc (1994-1998). A noter qu'à l'époque, les différents ministres des transports consultés ont opposé leur veto à cette proposition au prétexte que « Tout ce qui est autre que le Lyon-Turin est contre le Lyon-Turin ».

- Suite à la catastrophe de 1999 et jusqu'en 2003, date de la réouverture du tunnel du Mont-Blanc, l'ARSMB a d'abord milité sans relâche pour la réalisation d'une autoroute ferroviaire alpine.

 Celle-ci, dénommée AFA fût promise et inaugurée successivement par les ministres des transports Gayssot et De Robien. Pour mémoire, cette solution ferroviaire Aiton-Orbassano devait permettre le transfert sur les trains de 300.000 camions provenant des tunnels routiers du Mont-Blanc et du Fréjus, d'ici à ...2010 !

Quand on sait qu'en 2015, à peine 32.000 poids lourds  ont emprunté cet itinéraire, il est normal de se poser des questions.

- En ce qui concerne le Lyon-Turin, c'est une histoire en deux temps :

De 1995 à 2005 :

Si à son origine (1980) le Lyon-Turin se limitait à un projet de ligne à grande vitesse pour voyageurs (TGV), la catastrophe de 1999 dans le tunnel du Mont-Blanc a relancé ce projet qui comporte une version fret considérée maintenant comme prioritaire (accord franco-italien du 29 février 2001). A cette époque l'ARSMB ne pouvait qu'être favorable à tous les projets susceptibles de diminuer le nombre de camions sur les routes, en particulier dans les vallées alpines. A savoir l'Autoroute ferroviaire alpine en gestation (AFA) et le futur Lyon-Turin, dans la mesure où  leurs financements seraient immédiats et assurés par la taxation du transport routier (Ecotaxe) et d' autres mesures fiscales appropriées.

Par ailleurs, les conditions de notre soutien étaient claires :

 -     la version fret du projet devait rester prioritaire,

-                   permettre la diminution drastique du nombre de poids lourds au Mont-Blanc comme au Fréjus ,

-                    se réaliser dans le respect de l'environnement des régions traversées,

-                   avec un calendrier des travaux rigoureux à  respecter.

Or, l'étude approfondie des documents que nous avons quémandés avec insistance auprès des promoteurs du projet (Lyon-Turin-Ferroviaire) comme auprès des instances ministérielles et des élus nationaux nous a permis de découvrir le pot aux roses :

 « ...Le projet devrait pouvoir se faire pour une réalisation en 2012. A cette date le trafic européen des marchandises dans les Alpes françaises ce sera accru de 1 million de poids lourds, ceux qui passeront sur le rail. » (déclaration du ministre des transports Gayssot le 23 juin 2002). Ce qui en bon français signifiait que seule l'augmentation du trafic  à venir sera prise en compte dans les calculs du transfert modal. Exit donc la remise en question du trafic routier des camions dans nos vallées alpines.

 En conséquence, s' il n'était pas question pour nos interlocuteurs de toucher au trafic des camions dans les tunnels routiers du Fréjus et du Mont-Blanc, il n'était plus question pour l'ARSMB de soutenir ce projet.

Or être CONTRE le Lyon-Turin, n'est-ce pas être pour les camions sur les routes ? Et comme l'écrit très justement D.Ibanez (**) : «S'opposer au Lyon-Turin peut être considéré comme une attaque au bon sens, à la bonne conscience et une caution aux risques d'accident routier et environnementaux. ». D'où un certain malaise  au sein de l'ARSMB : fallait-il persévérer dans le soutien inconditionnel, s'affirmer carrément contre, ou se soustraire au débat ?

Il aura fallu du temps pour sortir du dilemme et de cette culpabilité insidieuse du toujours Contre...

De 2005 à 2015 :

Heureusement plusieurs événements vont conforter nos doutes sur les déclarations lénifiantes de nos gouvernants et la véracité du programme Lyon-Turin.

D'abord le 14 juin 2005, le gouvernement Villepin décide de vendre au privé le réseau autoroutier public à l'exception d'ATMB et de la SFTRF, privant du même coup le programme de transfert modal du Lyon-Turin de son financement principal.

Puis le 24 octobre 2007, le gouvernement Fillon met en chantier une galerie de sécurité de 8m de diamètre dans le tunnel routier du Fréjus, prélude à sa transformation en tube de circulation le 3 décembre 2012. Montrant par cette initiative le double jeu assumé par les autorités locales et gouvernementales.

Quant à l'an 2012, date promise de la mise en service du Lyon-Turin, c'est circulez y a rien à voir : ce dernier n'est même pas commencé...ni financé !

Enfin, cerise sur le gâteau, le 9 octobre 2014, Madame Royal baisse culotte devant la révolte des bonnets rouges en Bretagne et enterre « l'Ecotaxe » prévue pour financer un Lyon-Turin reporté à 2030, 2040, ou aux calendes.

Cela devient une cacophonie invraisemblable...

Pour l'ARSMB la coupe est pleine.

Après avoir écouté les tenants et les opposants à ce projet, dénoncé le double langage et les mensonges éhontés des Gouvernements successifs, droite et gauche confondus, il n'est plus question d'être POUR  cette initiative dans de telles conditions.

Après mûre réflexion, ce grand projet insensé, coûteux et inutile, devient prohibitif. D'autant que son échéance de plus en plus lointaine reste incompatible avec l'urgence des problématiques économiques et environnementales des vallées du Mont-Blanc et de la Maurienne.

Plutôt que se perdre dans des discussions sans fins sur un projet devenu obsolète, l'ARSMB a été confortée dans sa mission d'orienter prioritairement ses efforts sur le développement de l'Autoroute ferroviaire alpine (AFA) qui emprunte la ligne du Mont-Cenis, une infrastructure ferroviaire opérationnelle existante et sous employée, mise au gabarit des camions en 2007 pour 1 milliard d'euros, aux frais des contribuables.

Merci pour eux !

 

(*) « Le bal des faux-culs » J.Martinetti 2015.

(**)  « Trafics en tous genres/ Le projet Lyon-Turin» éditions Tim buctu 2014.

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