Slideshow CK

Fil de navigation

Plan d'integration environnemental d'ATMB

La Société "Autoroute et Tunnel du Mont-Blanc" a mandaté le bureau d'études SETEC pour élaborer diagnostic et projet d'intégration envronnemental du réseau ATMB jusqu'au tunnel du Mont-Blanc. Ce tronçon d'Eloise à Chamonix a été divisé en tranches géographiques avec pour chacune d'elles un diagnostic et un projet remédiation axé sur les actions suivantes: Le bruit, le traitement des eaux, les risques naturels, l'intégration paysagère, la qualité de l'air, les corridors biologiques, les autres modes de transports.

Les Maires des communes riveraines, le conseil général, les députés, les services préfectoraux, des Associations environnementales dont l'ARSMB ont pris connaissance de ce plan en réunion plénière ( voir ici ) et ont été invités à faire part de leurs remarques :

Voici celles de l'ARSMB, portées à connaissance d'ATMB, de la SETEC, des maires du haut de vallée et du Préfet :

Chamonix Mont-Blanc le 21 mai 2013

Qui sommes-nous?

L'ARSMB (Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc agréée Association environnementale par arrêté préfectoral) a pour vocation depuis 1991 de défendre l'environnement du Mont-Blanc en luttant contre les nuisances générées par le trafic international routier des marchandises passant par le tunnel du Mont-Blanc. L'objectif de l'association est d'obtenir un changement radical de la politique des transports, tant au niveau national qu'au niveau européen, avec le transfert des marchandises sur le rail et les voies d'eau.

Notre site informatique : www.arsmb.org

Nos commentaires sur l'Etude d'intégration environnementale du réseau ATMB

Petit rappel historique :

En 1996, ATMB avait déjà lancé un important programme de réflexion et de travaux sur 10 ans destinés à l'amélioration de la qualité architecturale et paysagère de son réseau. Intitulé « Un réseau s'habille de neuf », cette première initiative d'intégration faisant l'objet d'une Charte de la qualité consistait en la création d'aires de repos, la rénovation de gares de péages et d'ouvrages d'art, l'installation d'écrans phoniques etc, pour mieux répondre à l'attente de ses clients. (*)

Depuis la réouverture du tunnel du Mont-Blanc en 2003 et le retour au forceps du trafic lourd des camions T.I.R. le contexte a fondamentalement changé: la satisfaction des clients de l'autoroute étant une chose, les nuisances générées aux populations riveraines une autre, vu le contexte avéré de la pollution atmosphérique au pays du Mont-Blanc. ATMB se devait d'intégrer encore plus la dimension environnementale du territoire traversé et mettre le respect de l'écologie au cœur de ses préoccupations. D'où (à priori) cette nouvelle étude environnementale initiée en 2009 par l'Etat lors de la mise en concession de la RN205 dans le réseau d'ATMB. A noter que les prestations intellectuelles de cette opération ont été attribuées à la SETEC, le bureau d'étude qui s'était occupé à la fin des années 90 de la conception et de l'intégration dans l'environnement de l'autoroute A43 de la SFTRF reliant le tunnel du Fréjus au réseau AREA.

Nous sommes en 2013. Cette nouvelle politique environnementale qui se veut « ambitieuse » sur 10 ans est formalisée par ATMB suite au diagnostic d'optimisation de l'insertion environnementale de son réseau routier. Sur cette base, il reste à identifier et lister les projets prioritaires à mettre en œuvre d'ici 2022.
L'ARSMB partie prenante de ce nouveau programme a donc été sollicitée pour avis à communiquer au plus tard le 24 mai 2013.

Nos remarques et suggestions:

De par son historique et son implantation géographique, l'ARSMB s'est plus particulièrement intéressée aux secteurs 7 et 8 de l'étude d'intégration environnementale du réseau ATMB, à savoir l'accès à la haute vallée de l'Arve désservie par l'ex RN205 en direction du tunnel du Mont-blanc.

Sans vouloir négliger les thématiques relatives aux risques naturels, ressources en eau, intégration paysagère, déplacements faunes et autres occupation des sols ou espèces invasives (qui relèvent du champs de compétence d'autres associations), notre attention s'est surtout focalisée sur les nuisances atmosphériques et acoustiques provoquées par le trafic routier sur la voie express à 2 fois deux voies dite Route blanche Passy/Sallanches à Chamonix/tunnel du Mont-Blanc.( fiche projet 7-AMD-7,1).

1) Nos remarques:

En préalable et de notre point de vue, nous voulons faire remarquer que l'intégration environnementale d'un réseau routier s'étudie et se conçoit en amont de sa réalisation et non pas après coup. Par ailleurs nous considérons que ce problème d'intégration relève d'abord de l'utilisation de l'ouvrage, donc du trafic et des nuisances induites par celui-ci.
C'est pourquoi dès 1991 nous précisions dans le livre blanc fondateur de notre Association (**) , alors qu'il était déjà question de doubler le tunnel du Mont-Blanc et que la RN205 n'était pas encore totalement transformée en voie express concédée :

« La montagne n'est pas un terrain de jeu pour les irresponsables. Si l'économie de l'Europe de l'Ouest a décidé de transiter sous le Mont-blanc, elle doit se donner les moyens de le faire en respectant le Mont-Blanc qui est aussi son patrimoine. A l'heure où la Suisse et l'Autriche défendent leurs paysages et la qualité de leur accueil, va-t-on continuer à saccager le Mont-Blanc la plus haute montagne de l'Europe ? »

Avec cette conclusion prémonitoire :
« Au regard d'un monde qui s'éveille à la fragilité de sa planète, il est de la responsabilité de chaque individu d'être vigilant sur son propre environnement. Cette responsabilité devient un devoir lorsque le site concerné fait partie du patrimoine de l'humanité. Le Mont-Blanc et la vallée de Chamonix n'ont pas pour vocation le transit annuel de centaines de milliers de camions. L'existence de ce trafic commercial lourd est totalement incompatible avec le souci écologique et l'économie touristique de cette région. »

Or nous constatons:

24 février 2013

Etude d'intégration environnementale du réseau ATMB dans le site classé « Massif du Mont-Blanc. » (page 267 du diagnostic)

« Le réseau ATMB, notamment à travers la RN205 récemment concédée et à l'A40 menant au site (secteur 8) devrait participer pleinement au développement durable du site du Mont-Blanc. Par sa position centrale au cœur des Alpes, la région de l'Espace Mont-Blanc est un lieu de passage très fréquenté. Elle se situe sur un axe Nord/Sud spécialement parcouru par le trafic international de transit. Celui-ci est difficilement compatible avec l'intérêt des populations locales et la sauvegarde de l'environnement.

De plus, les habitants des vallées sont fortement dépendants du véhicule privé pour leur mobilité. Sans compter que la beauté des lieux attire également de nombreux touristes autant l'hiver que l'été.

Il est donc évident que les populations locales sont lourdement exposées :

  • aux nuisances sonores, surtout le long des axes de transit;
  • à la pollution atmosphérique spécialement haute en hiver.

Ainsi l'objectif de limiter l'impact des transports et de leurs infrastructures, dans l'intérêt des populations locales et de l'environnement, représente un enjeu important. »
Bien qu'il ait fallu attendre plus de vingt ans pour que cette évidence soit enfin inscrite noir sur blanc dans un document officiel, nous ne pouvons qu'être d'accord avec ce diagnostic qui analyse l'effet environnemental de cette infrastructure « autoroutière » sur les territoires mais aussi sur les populations du Mont-Blanc.

Sauf qu'il ne doit pas y avoir d'ambiguïté entre les discours tenus par les représentants d' ATMB et le diagnostic ci-dessus énoncé. Affirmer dans sa Charte 2012/2013 que « Grâce à plusieurs actions relatives à l'amélioration de la qualité de l'air dans le tunnel et le long de ses itinéraires d'accès où des mesures de contrôle des taux de pollution et du bruit sont réalisées quotidiennement, les paramètres de la qualité de l'air montrent que les valeurs enregistrées sont inférieures aux limites légales et sont conformes à celles qui ont été enregistrées aux mêmes endroits lors de la réouverture du tunnel...garantissant aux habitants des deux vallées (Aoste et Arve) et aux usagers le respect de taux de pollution à des niveaux très inférieurs à ceux admis par les normes européennes » est mensonger. Il est clair que les données scientifiques transmises par Air-Rhône-Alpes sur la RN205 aux Bossons infirment totalement de telles affirmations. (***)

Il est donc évident que les populations riveraines de la RN 205 sont aussi lourdement exposées à la pollution atmosphérique hiver comme été, spécialement celle due au trafic routier des voitures, des bus et des camions T.IR.

2) Suggestions :

A l'aune de ces constatations, il reste à dégager les priorités au regard des objectifs visés. Ainsi, faut-il privilégier le service rendu à une clientèle avide de mobilité au préjudice de la santé d'une population riveraine? La finalité de ce programme, est-elle d'assurer la durabilité financière de l'entreprise ATMB quels qu'en soient les effets collatéraux environnementaux? Faut-il privilégier un type de trafic plutôt qu'un autre parce que plus rémunérateur? La santé publique doit-elle primer sur des intérêts purement financiers? Tels sont les enjeux à hiérarchiser.

A l'ARSMB, nous considérons que ces choix ne relèvent ni de nos compétences ni de notre responsabilité mais que fondamentalement la santé publique doit primer sur les intérêts économiques d'une société autoroutière concessionnaire d'un service public, qui plus est propriété de l'Etat.

Nos exigences de citoyens en 1991 étaient à terme:

  1. un réexamen au plus haut niveau des solutions par ferroutage et transports combinés pour le franchissement de l'arc Alpin.
  2. que la solution retenue absorbe tout le trafic routier lourd international qui transite actuellement par le Mont-blanc.
  3. que les nuisances imposées par le tunnel actuel et ses accès soient réduites puis supprimées. »

Or que constatons nous en 2013 au pied du Mont-Blanc, après la catastrophe de 1999 suivie de 13 années de discours pavés de bommes intentions :

  • bon an mal an quelques 600.000 poids lourds internationaux de 40 tonnes (44 tonnes?) continuent de transiter gratuitement par la Route blanche (?) et le tunnel du Mont-Blanc.
  • la vallée de l'Arve est depuis 2012 sous l'assistance respiratoire d'un Plan de Protection de l'Atmosphère minimaliste qui tarde à produire ses effets.
  • les camions Euro3 ne sont toujours pas interdits sur l'itinéraire international du tunnel du Mont-Blanc alors que dès la fin de l'année 2013 serons mis en service les Euro 6.
  • le contingentement du trafic des camions T.I.R est toujours remis aux calendes.
  • le ferroutage d'Aiton/Orbassano n'est toujours pas finalisé.

Autrement écrit, c'est toujours la même chanson. Alors que le moyen le plus efficace de réduire les nuisances de tous ordres générées par ce trafic lourd passe par sa diminution, il n'est pas question de laisser respirer les vallées comme elles devraient ni d'inverser la tendance. Ce que réclament depuis longtemps les élus locaux comme les populations.

Conclusion:

Suite à l'étude des documents qui ont été mis à notre disposition nous constatons malheureusement qu'en ce qui concerne la haute vallée de l'Arve, la fiche projet AMD 7,1 intitulée « Autres modes de déplacement/ qualité de l'air/Etude du développement du réseau de transport en commun pour l'accès à la vallée depuis St-Gervais jusqu'à Chamonix » se présente comme une coquille pratiquement vide, cette thématique ne faisant pas partie de la politique environnementale de l'ATMB (case non cochée)...alors que la priorité retenue du projet est référé de niveau 3 et que seulement 200 Keuros sur 55.000 sont crédités à sa finalité.

Ce constat à lui seul artificialise un plan d'intégration dont la vocation originelle eut été prioritairement d'améliorer la qualité de vie des riverains et de protéger un site unanimement reconnu comme un espace vital de première importance européenne voire mondiale."

© Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc - 2017

TOUS DROITS RESERVES

MENTIONS LEGALES - PLAN DU SITE